FISH
Interviewé par Bill McNie
(The Company Scotland / Issue 21 / Janvier 1997)

Bill: J’ai entendu dire que tu voulais réorganiser radicalement le fan-club, qu’en est-il exactement?

 

Fish: Ce que je veux faire c’est changer la façon dont les Companies fonctionnent. La bureaucratie est devenue trop importante dans toutes les Companies européennes, voire écrasante. Ce qui devait être une opération simple est devenue de plus en plus complexe et génère tant de travail que cela entraîne des frictions entre les différentes Companies et demande de plus en plus de travail aux personnes de bonne volonté.

J’avoue que toutes ces histoires me fatiguent, ainsi que le groupe, Yatta et l’équipe. Par exemple pour le concert en Belgique, il y avait une vingtaine de personnes différentes de The Company, certains n’avaient rien à faire avec le fan-club ou je ne les connaissais pas très bien, mais ils étaient en backstage juste pour boire et s’amuser, ce qui n’apporte rien hormis de mauvaises vibrations. La pagaille doit se terminer. J’ai dessiné un nouveau système et bientôt, ce que j’ai décidé va se mettre en place : le fanzine ne sera plus la première source de communication avec les fans. Je ne pense pas que les fanzines soient un bon moyen pour parler avec les gens et leur donner les infos les plus fraîches. C’est ce qui se passe quand nous sommes assis ici en octobre parlant pour un fanzine qui va sortir en décembre (N.D.L.R. nous avons eu cette interview début février !) avec beaucoup d’infos qui auront vieilli. Je ne pense plus que ce soit la bonne façon de faire.

Je pense que la nature du fanzine doit changer, ceci vient du succès du site Web. Beaucoup de personnes ont maintenant des ordinateurs personnels, un site Web a des retombées nettement plus internationales qu’un fanzine. C’est nettement moins cher à faire et moins compliqué à réaliser, car toute la partie impression est éliminée ainsi que les envois par la poste, etc.

On peut appeler cela une repolarisation du service de l’information et ce que je veux faire c’est à partir du site, l’étendre à un grand nombre en ayant des traductions des interviews en hollandais, allemand, espagnol et bien d’autres pour qu’encore plus de personnes y aient accès. Et, en l’approvisionnant d’infos chaque semaine, ou très régulièrement, alors les gens auront accès à toutes les infos dont ils ont besoin.

Maintenant, si l’on sait manifestement, qu’il y a un grand nombre de gens, particulièrement en Grande-Bretagne qui n’ont pas d’accès à l’Internet, alors je dois trouver quelque chose pour eux. Et ce que je veux faire c’est suivre l’exemple de ce qui a été fait par The Company France, qui utilise le Minitel et également leur site Web pour apporter de l’information qu’ils mettent dans une lettre d’information régulière. Ce n’est pas si compliqué - juste un petit nombre de pages -et cela fournit des infos aux gens qui n’ont pas accès à Internet. Et, en faisant ça, cela donne quelque chose de bien plus régulier que le fanzine, et ceci va être complété par une ligne téléphonique d’informations, qui existe déjà dans la plupart des pays. A la base, l’Internet est le premier maillon de la chaîne, l’information se dirige ensuite vers les lignes de téléphone et enfin vers les feuilles de news. Avec ce principe, tout va être plus facile à faire. Beaucoup moins de bureaucratie sera demandée parce que dans ce cas tu n’as pas à assembler une masse de photos ou d’autres trucs comme cela, tu fais juste une feuille d’infos très simple. Ceux qui n’ont pas d’ordinateur seront informés par le téléphone, cette feuille d’infos mensuelle, et pour le fanzine c’est très simple : si tu veux en faire un, vas-y. Si les Scandinaves et les Hollandais veulent poursuivre, pas de problème, je parle juste de Company Scotland, le fanzine ne sera plus incorporé à l’adhésion.

Notre fanzine trimestriel va devenir un autre produit proposé par le merchandise. Il sera semblable à ce qu’il est aujourd’hui, mais nous incorporerons quelques pages avec chacune des langues des autres Companies. Mais cela doit être en Anglais car c’est le meilleur moyen pour nous de travailler, et parce qu'un grand nombre des fans allemands ou hollandais, par exemple, le comprennent un petit peu. Certaines personnes ne vont pas être contentes, mais avec la feuille mensuelle d’infos, on peut les satisfaire. Et, en plus de cela, je veux centraliser le merchandising, qui a eu trop de problèmes depuis quelques années - alors tout va revenir ici.

Donc l’adhésion, qui pour le moment inclut le prix du fanzine, va être à la carte, soit seulement la lettre d’infos, soit les deux, ce qui va la rendre moins chère. En fait cela va fonctionner comme une souscription, tu achètes d’un coup quatre fanzines. Alors nous pourrons baisser le prix du fanzine pour un grand nombre de personnes en Europe en tirant à un plus grand nombre d’exemplaires. De plus, je veux vendre le fanzine dans d’autres endroits, comme dans les magasins de disques et les utiliser aussi comme des tour books, donc le rôle du fanzine va complètement changer.

En ayant observé comment évoluaient les autres Companies, je pense que les gens vont bien accueillir ce système. Mais c’est ce qu’ont fait les Français avec Poet’s News qui, quand il est sorti m’a tant inspiré. Les Français sont tellement habitués à utiliser le Minitel et maintenant l’Internet, ils sont aussi habitués à regarder le télétexte pour avoir des informations, alors pour eux faire cela... Ils sont vraiment en avance. Et la façon dont Poet’s News fonctionne, c’est simple, pas cher .... C’est le meilleur moyen et le plus facile pour progresser.

Je pense que le site Web va résoudre des problèmes avec des pays comme le Chili, l’Argentine et la Turquie, qui n’ont pas de fanzine. C’est très difficile d’envoyer des choses là-bas - c’est cher, c’est long- de plus des gens vont nous découvrir comme cela.

Je veux mettre des démos de Sunsets sur le site Web (N.D.L.R. c’est fait, il y a des extraits de Brother 52, Sunsets On Empire et Change Of Heart); je le dis avec insistance, mais je pense, qu’en faisant cela, tu vois ce que je veux dire... C’est comme un moteur quatre cylindres, il vaut mieux être sûr que les cylindres s’allument au même moment, alors qu’en ce moment tout est inadapté et cela crée de l’animosité. Dans quelques mois, je vais être bien plus libre et je serai disponible pour offrir plus d’infos directement sur le Net et m’engager dans les conversations entre internautes. Et si je peux faire cela, j’aurais atteint mon but principal celui d’être en contact direct avec les fans. En ce moment, il y a un mur entre les fans et moi. Quand j’aurai réglé cela (si l’on excepte ceux qui ne parlent pas anglais), il n’y aura plus de problème, et, je l’espère, avec les lignes d’information téléphoniques dans chaque pays, plus la lettre d’info mensuelle imprimée dans toutes les langues, tout sera plus facile.

Si nous utilisons l’Internet, cela veut dire que nous avons un site basique d’informations et tout le monde peut créer une Company et travailler avec les infos disponibles. A la base, les Companies peuvent faire leur propre t-shirt "The Company...", et c’est tout. Maintenant nous avons une carte de crédit et une ligne de téléphone pour cette carte, c’est une sécurité et cela l’étend au monde entier, alors il n’y a plus de problème. Terminé les frictions, les confusions qui ont eu lieu quand nous vendions les Bootlegs Officiels aux Companies qui nous rendaient des comptes tous les mois, tout cela sera éliminé.

Le problème est qu’ils vendent cela aux fans, et un de ces fans se rend compte qu’une autre Company les vend moins cher, ce fut souvent le cas. Cela ne me plaît pas non plus et c’est pour cela qu’une centralisation simplifiera les choses. Si nous nous occupons d’ici de toute la base de données des Companies, nous avons la capacité de contacter les fans à tout moment.

Les structures d’informations de The Company, en relation avec les autres Companies, et le fanzine trimestriel, sont maintenant en place. J’ai fait beaucoup de choses ces derniers mois, depuis la fin du tour et les festivals, j’ai parlé avec pas mal de gens, je pense que la transition doit avoir lieu.

 

Bill: Je pense que tu prends en compte le fait qu’un grand nombre de fans n’a pas accès au Net. En fait cela représente 95% d’entre eux.

 

Fish: Je sais cela, et je l’ai pris en considération. C’est là que deviennent utiles la ligne de téléphone et la feuille d’infos mensuelle. Ils feront la mise à jour pour les infos, les tours, les sorties, les passages à la télé, ... et le fanzine trimestriel apparaîtra plus comme un programme du tour, contenant d’autres informations, comme par exemple des interviews et d’autres articles plus élaborés et des photos qui feront plus magazine. L’adhésion sera moins chère, comme le fanzine sera à part, et je l’espère cela attirera plus de fans. Etre membre du fan-club permettra d’avoir des avantages comme des prix moins chers pour le merchandise ou des entrées pour des événements spéciaux. Le fanzine sera également disponible pour les non-membres, un peu plus cher, et disponible dans des magasins de disques. Le fanzine sera aussi placé sur le site Web, laissant les infos et les photos libres d’utilisation pour tous. Pour les gens possédant un ordinateur, il sera possible de leur envoyer par ce biais leur feuille d’info mensuelle, ainsi tout le monde aura sa mise à jour. Le téléphone devra fournir ce même service - Je dois juste me discipliner pour changer régulièrement les enregistrements. J’ai été coupable de retard et d’oubli dans la mise à jour de ce service....

 


 

Bill: Passons aux nouvelles récentes. J’ai entendu dire que tu devais faire un concert en Estonie pour les fans écossais qui devaient se rendre là-bas pour le match de qualification pour la Coupe du Monde. Que s’est-il passé?

 

Fish: Nous avons été approchés par “The Pub With No Name” (le seul bar écossais de Tallin) de David Coutts, qui nous a demandé de venir pour faire un show. Il espérait environ 2000 personnes. L’idée était de faire un concert dans son pub, puis le lendemain faire le vrai show. Cela partait bien, mais nous avons rencontré des problèmes d’argent, il fallait payer le déplacement pour six personnes, et toutes les dépenses pour quatre jours.

Même si les musicos acceptèrent des coupes drastiques dans leurs appointements, cela ne pouvait pas se faire, puis les sponsors ont laissé tomber. En fait, cela valait mieux, comme le match à été annulé comme tu le sais. (N.D.L.R. l’équipe d’Estonie n’a pas été prévenue du changement d’horaire !).

L’autre truc en ce moment, c’est le cas David Paton (N.D.L.R. voir PN°1), qui doit passer en justice les 6 et 7 novembre. Il fallait que l’on se sorte de cette histoire, parce qu’il était soutenu par une Aide Légale et l’on me conseillait de laisser tomber, mais j’ai reçu une lettre m’avertissant que cette Aide Légale lui a été refusée, alors tout va se faire. Je suis très positif, et tous ceux avec qui j’ai parlé du cas sont d’accord avec moi.

 


 

L’album avance bien; le problème a été Calum Malcolm, car il travaillait avec Prefab Sprout (chanteur et auteur) dans la maison de Paddy McAloon à Newcastle lorsqu’il y a eu un incendie. Cela a détruit un bon nombre de ses équipements et à retardé l’avancée de l’album. Calum n’aura pas le temps de commencer le mixage de l’album avant le 25 novembre, alors on reste là à se tourner les pouces. On a écrit deux nouvelles chansons, la première Change Of Heart, est très commerciale, et l’autre (Worm in A Bottle), qui à l’origine devait être une probable face B est devenue quelque chose qui ira très bien sur l’album. En fait ce sont juste des bons problèmes à avoir.

 


 

J’ai été contacté par EMI, qui veut faire un autre Best Of, avec un CD quand j’étais avec Marillion et un autre couvrant l’époque Steve H. Ils vont également re-masteriser tous les albums de Marillion et ils m’ont demandé quelques idées, des notes, des photos, etc. Donc, comme tu t’y attends, je vais entrer en discussion avec eux en disant « J’aimerais beaucoup travailler avec vous et vous aider, mais s’il vous plaît n’oubliez pas ce que nous avons fait pour vous dans le passé ». Je pense que Marillion pense la même chose - je parle assez régulièrement avec John Arnison.

 


 

Nous avons été en discussion avec V2, qui aime beaucoup "Sunsets", mais ils n’auront pas mis en place un système de distribution dans toute l’Europe avant la fin du printemps, voire le début de l’été, ce qui veut dire qu’ils ne peuvent pas me faire signer. Et je ne peux pas m’engager avec eux parce que je pense que donner l’album à une compagnie qui débute voudrait dire que je ne pourrais pas les presser et espérer une sortie en mai-juin. Et je ne peux pas attendre septembre, l’album doit sortir au plus tard en avril prochain. Donc voici l’état actuel de mes affaires : Götz Elbertzhagen de Kick International a rencontré tous les directeurs des labels majeurs ces deux derniers mois, c’est en bonne route pour le Japon et Pony Canyon, qui aime beaucoup le nouveau matériel. Donc tout va bien !

Pour le marché américain, ça a été un peu plus douloureux. Nous avions placé beaucoup d’espoir dans Renaissance Records, mais ça n’a pas marché. Nous avons vendu pas mal d’albums là-bas, toute la production européenne est disponible en Amérique, c’est bien, mais nous n’avons pas la poussée promotionnelle dont j’ai besoin. C’est donc vendu au compte gouttes, le point satisfaisant c’est que mes disques se trouvent dans les magasins. Mais, ma situation actuelle là-bas est très simple : je suis totalement libre pour vendre la licence de mon matériel - il n’y a aucun contrat entre moi et Renaissance qui leur donne un exclusivité sur quelque matériel que ce soit.

Ils distribuent tout cela depuis quelques mois, et ils le font bien, en fournissant les prix du marché américain, ce qui plaît aux fans qui devaient payer des prix d’importation exorbitant dans le passé. Je passe à la radio dans des facs ou dans des stations plus underground, grâce à l’effort de nombreux fans et de Renaissance. Mais c’est comme commencer un feu : tu ne veux pas mettre le feu à un buisson, qu’il brûle et se consume avant que tout le bois soit embrasé.

C’est une des raisons qui font que je suis un peu en retenu par rapport à là-bas. J’y ai un petit buisson en feu, je dois juste trouver le moyen pour l’arroser d’essence ! Et c’est pourquoi une réelle poussée doit être faite. Just good Friends n’a pas eu de véritable promotion parce que nous pensons réellement que le catalogue historique, avec un classique matériel américain, avec une bonne compagnie, qui a un budget pour la promotion conséquent et une bonne équipe devra faire cela très bien. Renaissance l’a commencé et j’apprécie ce qu’ils ont fait, mais, dans le même temps, nous sommes tous réalistes, sans un développement financier majeur, je ne pense pas que Renaissance puisse s’en tirer avec le nouvel album "Sunsets On Empire". Ils sont très bien avec l’ancien catalogue mais pas avec le nouveau matériel, sans un changement de direction et une injection importante d’argent qui puisse redévelopper les structures de la compagnie. John Edwards, qui dirige Renaissance, est un mec sincère, mais les gens sont peu disposés à un gros investissement dans l’industrie musicale, et John s’en voit à cause de cela. Il distribue le matériel, et c’est un arrangement bénéfique pour nous deux.

J’ai de l’intérêt pour quelques labels majeurs, pas complètement, mais ça bouge, et parce que, à cause des systèmes de distribution en Europe, un bon nombre de mes contrats sont maintenant périmés. Donc, hormis le Japon, l’Asie du Sud-est et l’Afrique du Sud, je peux signer un contrat pour le monde entier. C’est encore très flou, comme nous ne savons pas si la nouvelle compagnie voudra prendre juste le nouveau matériel ou juste l’ancien. Il y aura sûrement un contrat à deux étages, nous essayerons de vendre à une major le nouveau matériel plus les deux prochains albums, mais l’ancien catalogue restera sous licence Dick Bros qui le distribuera. V2 parlait d’être un label très actif, mais, en ce moment, je ne pense pas que c’est le chemin à suivre.

 

Bill: V2 - est-ce le nouveau label de disque de Richard Branson?

 

Fish: Ouais. La situation avec eux en ce moment est que nous sommes en contact constant. Et une autre chose est qu’ils ont trouvé qu’il n’y avait pas single majeur ; ils ont dit qu’il y avait des singles sur cet album, mais pas un qui sortait du lot - Alors que je pense que Change Of Heart en est un. Je pense que cette chanson peut nous fournir ce single recherché. Mais la principale raison pour V2 - et son directeur de la création, Ronnie Gurr qui habite ici à Haddington, et qui s’en occupe bien - est qu’ils ne pensent pas qu’ils puissent être prêts à temps.

 


 

Bill: Maintenant tu as ta propre émission sur Forth FM?

 

Fish: Oui, ce show radio a été un « big coup ». Apprendre comment utiliser les manettes et s’occuper des aspects techniques, au début ça fout la trouille !!! La nuit dernière, j’ai opéré vraiment tout seul pendant trois heures - bien que Gav, l’ingénieur, tournait dans le coin, j’ai vraiment tout fait tout seul. Et quand c’est le moment, le contenu musical n’est pas un problème; je suis un chanteur, mais pour l’amour de Dieu, je ne suis pas un technicien !

Il faut se discipliner, tout mettre en ordre, penser à ce qui se passe après, et pour moi, ça va très bien. Je suis habitué à une approche assez libre de tout ça, mais je dois être très précis; par exemple à douze secondes de minuit je dois lancer le jingle et arranger le décrochage d’antenne pour les infos nationales Ecossaises - "Ooh, ooh - la responsabilité !". Je garde le micro ouvert et baisse le son pour parler puis j’appuie sur le bouton play et je n’ai pas coupé le fader ! C’est comme une chorégraphie. La chose super maintenant, c’est que j’ai contacté toutes les compagnies de disques en Grande Bretagne en disant "Maintenant j’ai une émission de trois heures : envoyez moi des albums ! " Ce n’est pas très usuel, mais Radio Forth est une super station pour cela.

La programmation de Forth FM est variée, c’est la Dance le samedi, et le dimanche les charts, deux heures de pop anglaise et après trois heures de totale liberté. Personne ne choisit pour moi. J’ai dit à Jay Crawford, le patron de la station (et un pote de Fish !), que je n’étais pas intéressé par cela sauf si j’avais le choix. Je ne veux pas travailler avec une playlist; je veux juste passer de la musique.

 

Bill: Alors, est-ce que Jay est venu te voir et t’a dit, "imagine une émission?"

 

Fish: Oui, mais j’avais fait le Rock Show quelques fois quand Jay était en vacances ou indisponible, bref je me suis fait les dents avec le Rock Show? Mais ça a toujours été avec un opérateur, et maintenant, je travaille seul, je suis un peu plus tendu. Ton esprit est toujours pris par la suite, la prochaine bande à lancer, appuyer sur le bouton, être sûr que le fader est coupé etc. Et il faut parler entre les chansons, bref ce n’est pas très calme. Mais je ne pense pas être Mr Calmos pendant la première quinzaine; j’apprends encore. En fait, juste après ma deuxième semaine, on me demande si je veux aller à Genève interviewer Phil Collins, et j’y suis allé "Oh, non !" exactement l’inverse de ce que tu es habitué à faire, être l’intervieweur au lieu d’être l’interviewé. Il va falloir que j’apprenne à : a) me taire et b) poser les questions sensibles sans faire de cliché, mais essayer d’avoir l’information, etc, etc. Je ne pense pas qu’il sait que je vais venir, ça va être très marrant, quand il va ouvrir son agenda pour les jours à venir et qu’il va lire "FISH - Radio Forth" !

 

Bill: L’as-tu déjà rencontré?

 

Fish: Ouais ! Un paquet de fois, par exemple pour le concert de Mandela. Il est avec Hit & Run pour le management et la publication, et je travaille avec Tony Banks depuis si longtemps sur tant de choses. Tony m’a dit deux ou trois trucs qui m’ont fait avancer et son roadie m’a également dit des choses, ce qui fait que j’ai déjà quelques petites questions prêtes et je vais pouvoir y aller. Ca va être soit une brillante interview soit quelque chose de totalement raté, mais je vais me tenir sûr que le DAT fonctionne et que tout est enregistré. De toute façon c’est pour la radio, je n’ai pas tout a retranscrire....!

 


 

Bill: Je vais écrire un article à propos des tatouages qui tournent autour de Marillion & Fish. Il y a quelque cinglés ! Une Allemande a la pochette complète de Fugazi sur son dos !

 

Fish: C’est un peu beaucoup. Je n’ai jamais voulu en avoir une de Marillion et je ne pense pas que je voudrais en avoir une de Fish, surtout si je change de logo ! C’est douloureux, surtout quand tu rentres dans le muscle. Je ne suis pas un intoxiqué du tatouage. Je ne pourrai pas en couvrir mon corps. Tu dois choisir le bon - si tu as un doute, alors ne le fait pas, ainsi tu n’en t’en voudras pas. C’est à toi de choisir, mais tu dois accepter les conséquences. J’ai deux petits tatouages, les deux sont sous mon t-shirt, j’aime particulièrement celui avec la plume. J’aimerai avoir celui d’Internal Exile sur des tons rosés, avec la rose et le chardon, et l’autre que je voudrais avoir c’est un hiéroglyphe égyptien en bracelet.

 


 

Bill: Tu as récemment fait un pilote pour la télé, une émission qui s’appelle "Pop Dogs". De quoi cela parle-t-il?

 

Fish: Mark Radcliffe m’a appelé un mardi à propos de l’émission du jeudi. Je lui ai dit "Quoi - ce jeudi?", il a répondu "Oui", alors j’ai dit "OK - je vais le faire". Ce fut une véritable difficulté parce qu’il fallait que je sois à Glasgow à l’ouverture de l’exposition de la collection des masques de l’espérance du Prince, puis je suis allé à Manchester faire ce programme. C'est à la base un "Pop Quiz" modernisé. Avec Sean Locke et Bill Bailey - mon héros ! Je l’avais vu dans quelques émissions à la télé, et j’ai dit à Tammi "on doit aller le voir". Une nuit, je l’ai regardé faire un sketch à propos d’un joueur de xylophone, et un autre à propos d’un chanteur qui traîne avec ses musiciens, ça m’a rappelé des souvenirs ! Ce mec est brillant !

Bon, il était dans ce show, et il a éclipsé son pote Sean Locke et Noddy Holder qui étaient là .... et les répétitions ont été brillantes. Le programme a commencé et le public est venu et toute l’adrénaline est montée à grande vitesse. Ils ont enregistré une heure et demi de l’émission. J’ai pris mon masque de Grendel, comme souvenir personnel et Mark Radcliffe l’a porté. Il est un fan. J’ai fait ma première interview avec lui sur Piccadilly Radio en 1983, et il était le mec qui s’occupait de l’enregistrement à Radio One pour le concert du Vigil Tour à Nottingham Royal Court. Il est aussi un fan de Porcupine Tree, et je pense un grand supporter de "Sunsets". Je pense que quand "Pop Dogs" va être diffusé, je peux espérer que les gens verront plus en Fish quelqu’un de comique, plutôt qu’un artiste sérieux. Parce que j’ai toujours cette image pour les gens qui ne me connaissent pas, surtout à la télé. Ils ne connaissent pas le côté humoristique de mes shows, parce qu’ils ne les ont pas vu et surtout à cause des paroles, la plupart des gens pensent que je suis un fou suicidaire. C’est une des raisons pour lesquelles je voulais faire "Pop Dogs" - Je veux essayer de prouver que j’ai de l’humour et les gens pourront voir que je suis sur la même longueur d’onde qu’eux. Ť

 

Retour à la page Interviews