Le 10 juin 1995 avant le concert de Lyon, l’équipe de Poet’s News a proposé à Fish un petit blind test musical. Mais bien sûr, cette petite interview ne s’est pas limitée à ses goûts, il s’est permis de nombreuses digressions sur sa carrière d’artiste, le monde de la musique, etc ... Bonne lecture à tous.
Fish sur le terrain de foot de Villeurbanne après le blind test ... et avant le concert !

Bruce Dickinson : Cyclops

Fish : C’est Metallica ?
Poet’s News : Non ! Tu le connais, tu as déjà chanté avec lui, il fait aussi une carrière solo : Bruce Dickinson.
F : Ah oui, Bruce est intéressant, il est parti, il ne fait plus partie de la nouvelle composition du groupe, il est indépendant. Il était comme moi au sein d’Iron Maiden. Il y a des choses qu’il a voulu faire, des chemins qu’il a voulu suivre. C’était un grand fan de Marillion, il venait souvent aux concerts. Sa musique est trop heavy à mon goût, j’aime le heavy, mais pas le heavy metal.
Je sais qu’il est un grand fan de Arthur Brown et de Ian Gillian

PN : Il existe un 45 tours pirate de ta rencontre avec Iron Maiden.
F : Le duo à Wembley, c’était une bonne nuit. Tu aurais dû entendre sa reprise de Market Square Heroes mais avec une voix très haute. Je ne vois pas pourquoi il chante si haut, il a une très belle voix basse.. C’est un problème quand tu chantes trop haut, tu forces tout le temps. C’est pour cela que ma voix a changé, avant je chantais très haut et je forçais trop ma voix, tous les muscles faisaient « heurgleu !!! ». Quand tu chantes plus bas ta voix est plus flexible, plus souple, tu peux chanter plus de mélodies.

B.O. Prisonnier
Alternative Thème N°6

PN : As tu une culture télé, connais tu le prisonnier ?
F : Oui j’ai les cassettes du prisonnier. J’aime le prisonnier, c’est très années 60, c’est classe mais très psychédélique.

PN : Sais-tu que Patrick Macgohan joue dans « Brave Heart », aurais-tu aimer jouer avec lui ?
F : Je ne suis pas si fan que ça du prisonnier. On a repassé ça en Grande-Bretagne à la télé il y a 4 ans et tout le monde en était fou.

B.O. Twin Peaks Angelo Badalamenti

PN : Aimes tu les séries comme Twin Peaks ?
F : Je la connais mais je ne l’ai jamais vu, c’est très dur de regarder des séries quand vous faites mon job, vous êtes sans arrêt sur la route. Si quelqu’un n’enregistre pas, tu rates un épisode et c’est cuit, impossible à comprendre

PN : Aimes tu ce que fait David Lynch?
F : Oui, certaines de ses productions, mais je trouve ça plutôt bizarre; Je l’aime, mais je ne lui ai jamais pardonné ce qu’il à fait à Dune ! C’était minable, c’était un film vachement mal conçu.

PN : Nous sommes des fans de Twin Peaks.
F : On m’a dit que Twin Peaks est très apprécié ici. C’est bon si tu es chez toi pendant des mois, tu peux vraiment entrer dedans, mais moi, je ne suis jamais chez moi pendant des mois. Je suis là pendant trois semaines et puis je pars et c’est frustrant parce qu’on ne suit pas le cours des épisodes. Alors, c’est très difficile de se concentrer sur l’histoire. Tu vois trois épisodes puis tu en manques deux et après tu vois le numéro six, alors c’est frustrant ! Moi, je n’enregistre pas les séries, même Jute City celle dans laquelle je jouais, j’ai vu le premier mais j’ai manqué le deuxième.

PN : Tu as joué dans une autre série?
F : Oui j’ai fait Jute City ?

PN : C’est vrai mais on pensait plutôt à Zorro
F : Oh mon Dieu !

PN : « Je m’appelle Daniel Nielsen ».
F : Pendant l’audition on m’a dit qu’on ne voulait pas d’accent écossais, il fallait que je l’élimine. Alors j’ai fais une cassette en lisant ce texte avec trois accents différents, le premier avec mon accent, le deuxième mi-anglais mi-américain et le troisième vraiment américain exagéré. Après je suis parti pour Madrid et j’ai demandé au réalisateur quel accent il voulait, il m’a répondu : « fait comme tu veux ». La première scène que nous avons tourné c’est celle avec la charrette où je me présente : « Je m’appelle Daniel Nielsen ». Et je ne savais pas ce que je devais faire, le réalisateur croyait simplement que tout le monde comprenait ce qu’il se passait et moi je disais c’est la première fois que je fais ça, je n’ai jamais donné la réplique à quelqu’un. C’était le réalisateur américain qui a fait « Miami Vice », alors pour lui mon problème ....
Le problème avec le métier d’acteur c’est que j’ai pour priorité ma carrière solo. C’est comme avec « Rob Roy McGregor », j’ai rencontré Michael Keaton-Jones qui m’a dit : « on a besoin de toi pour trois mois » et la première chose qu’il m’a demandé c’est : « est-ce que tu seras disponible pour trois mois ». Je lui ai répondu : « je ne sais pas, ça va être difficile, peut-être que j’ai vais pouvoir m’organiser avec ton programme, est-ce que tu peux me donner des dates ? ». Et il m’a dit : « on a besoin de toi tout le temps pendant ces trois mois ». A ce moment je savais qu’il était inutile de tenter d’avoir ce rôle, parce qu’il arriverait un moment où Michael me demanderait est-ce que tu veux ce rôle et je devrais répondre ça m’est impossible et il conclurait par « cut ».
J’avais vachement envie de faire « Brave Heart », mais même « Brave Heart » m’aurait causé des ennuis parce que ma tournée acoustique aurait été hors de question. On avait l’intention (ndlr c’est fait) de faire signer un nouveau chanteur, Tam White, sur le nouveau label, il a joué dans « Brave Heart ». On lui avait dit qu’il devait travailler pendant trois semaines et en fait il y est resté quatre mois. En tant qu’artiste solo, ça m’est impossible. Si « Yin & Yang » se vendent à 1 million de copies ou 500.000 copies alors peut-être l’année prochaine je vais pouvoir prendre trois mois de liberté, mais au moment présent de ma carrière solo je dois la consolider, je ne peux pas tout laisser tomber pour trois mois. Je sais très bien ce que ça fait si tu es absent quelques temps. Il faut que tu continues à pousser ...

John Wesley : Into The Night

F : C’est Steve Hogarth ?
PN : Non ! Non ! C’est un chanteur américain qui s’appelle John Wesley.
F : Oh oui, oui ...je l’ai entendu, c’est vraiment un très bon album. C’est Mark qui l’a produit. Oui, il y a le même trémolo dans la voix (ndlr que S. Hogarth).

PN : C’est un bon chanteur ...
F : Oui, j’étais dans une voiture et un copain m’a fait écouter quelques morceaux acoustiques et il a de très belles paroles. Il devait faire notre première partie à Hong Kong. On nous a téléphoné pour dire que John Wesley voulait la faire, on a répondu oui chouette, d’accord mais il n’est jamais apparu ... Oui, c’est dommage parce que j’aime ce qu’il fait, mais il n’est jamais venu au concert, apparemment il n’a pu trouver un billet d’avion. On était un peu déçu parce que ce que l’on avait entendu de lui était assez intéressant. Ca fait un bon moment que j’ai l’intention d’acheter l’album, ... mais c’est la vie.

PN : Il est très sympathique, il a beaucoup de respect pour toi, tes chansons, ...
F : J’aimerais bien le rencontrer. J’apprécie la façon dont il se présente, il a un bon sens de la mélodie, un bon sens des paroles et c’est difficile de trouver l’équilibre entre les deux pour créer quelque chose avec de la substance. Qu’est-ce qu’il fait maintenant ? Il doit tourner sans arrêt.

SoundGarden : Superunknown

F : Oui, celui-là je l’ai chez moi. Mais, au bout d’un moment, beaucoup de morceaux se ressemblent. Il y a de bons trucs. J’aime certaines chansons de grunge, mais d’un autre côté c’est devenu trop commercial. C’était bien au début. J’aime ce que faisait Pilot, SoundGarden et Nirvana, j’apprécie certaines chansons, mais ils sont devenu un peu édulcorés, un peu rock progressif. Ils se sont dit, et merde il y a des gens qui gagnent beaucoup de fric en faisant ça, alors on va essayer de le faire.
PN : C’est devenu une mode, ...
F : C’est un p... de business énorme. Et, il y a beaucoup de groupe de deuxième classe qui sont apparus, ça a été la même chose avec Marillion, tout d’un coup il a eu plein de groupes de rock progressif qui poussaient. Ouais, ça veux dire quoi tout ça !
Mais c’est toujours comme ça. Quand tu as quelque chose qui réussit que ce soit un groupe comme New Kids on the block, Take That, East 17, leur manager trouve cinq mecs un peu beaux ... C ‘était quoi le nom déjà ... Wet Wet Wet, ils ont sorti un single et à partir de ce moment là tout le monde a voulu faire des chansons comme celle-là. A quoi ça sert ?

PN : Ce genre de musique n’est plus que du business, une simple question d’argent.
F : C’est pas nouveau, ça a toujours existé ... Même à l’époque des Beatles, des Rolling Stones, il y avait plein de clones de Stones, mais il n’y en avait qu’un seul de véritable. C’était la même chose au début des années 80, dans le rock progressif il n’y a que nous qui avons survécu, Twelfth Night n’a pas réussi, ... alors que tout le monde croyait qu’ils allaient survivre, mais ils ne l’ont pas fait. Il y a une raison pour cela : IQ et les groupes comme Yes ont eu beaucoup d’imitateurs qui chantaient avec la même voix haute, les mêmes mélodies. Je me rappelle d’EMI qui signait des groupes qui sont restés sans succès, ils avaient pourtant de bons chanteurs ... Seul Marillion a réussit, car les autres qui sont nés avec la mode n’ont pas survécu. Mais ça marche comme ça. Il est inutile de se mettre en colère à cause de cela parce que ça ne changerait rien.

Dream Disciples : In Number

F : Oh c’est D. D.
PN : Nous avons pu trouver leur disque, mais ce n’est pas facile.
F : Je leur ai dit que le problème avec les albums dans les magasins, c’est qu’il est très facile de se fâcher contre les sociétés de distribution, mais il faut tenir compte du fait que chaque magasin a une somme limitée à dépenser.
Ca fait naître des situations où par exemple toi tu es le propriétaire du magasin et moi je suis le p... de représentant de EMI.
- Je te dis : « J’ai le nouvel album des Pink Floyd », toi tu réponds
- « ah oui je le veux, je peux en vendre 5 »
- « J’ai l’album de Wet Wet Wet »
- «Oui j’en prend trois ou deux on va voir comment il marche »
- « Et le nouveau Kate Bush ? »
- « J’en prend 2. Ouais p... je peux en vendre »
- « J’ai les « Cinq cons »
- « Non j’en veux pas ».
Parce que déjà tu as acheté dix albums donc tu as fait un investissement de 50 livres. Et après, dans une heure va passer le représentant de Sony et après lui celui de Phonogram. Et chaque semaine il sort 80 albums, il y en a trop.
Je vais vous donner mon idée là-dessus : Quand j’étais un gamin, il y avait un club, on s’est rassemblé pour former un groupe, on a joué quelques concerts, on a commencé lundi soir, puis mardi soir et cela s’améliorait au fur et à mesure. Après un mois ou deux tu n’attires pas un public et on te donne pas les bons soirs pour jouer, alors tu ne te développes pas, tu ne mûris pas. Alors, nous dans le groupe, on se dit qu’on en a marre, on arrête ça. Alors soit tu décides que tu ne veux plus le faire, soit tu continues tout seul, soit tu trouves un autre groupe. Tu es peut-être un excellent bassiste et il y a un autre mec qui vient de quitter son groupe qui te contacte : « tu veux jouer avec moi ? » Lui, il est guitariste, et vous deux vous trouvez un batteur, un chanteur d’un autre groupe qui vient de splitter et puis vous formez ensemble un bon groupe. C’est comme un système de filtre. On vous offre beaucoup de concerts, vous gagnez du fric. Avec l’argent vous enregistrez une démo, elle se fait après 50/60 concerts. Si ça marche, vous avez réussi, si la démo ne se vend pas le groupe s’écroule. C’est ça le système de filtre. La seule raison pour laquelle le groupe n’a pas marché c’est qu’il n’est pas bon.
Ou alors, nous nous rassemblons pour former un groupe et nous faisons un album et on va dans un studio juste à côté que l’on peut louer pour 150 francs de l’heure. On fait cet album en deux jours, on l’amène à une maison de disques et ils disent P... ! Vous êtes excellent, beaucoup d’énergie, alors que nous n’avons joué que 10 concerts. Alors toi tu es là, tu n’as fait que 10 concerts et tout d’un coup tu te trouves en première partie d’un groupe en tournée en Allemagne. Et le groupe commence à se désintégrer. Tout d’un coup on te demande c’est quand le prochain album ? Bon d’accord vous essayez de l’écrire et c’est de la merde parce que tu n’as pas eu le temps de te développer en tant que musicien, parce que c’est le feeling que vous aviez vendu, pas la musique. Et voila le problème il y a trop de p... d’albums. Et les marchands de disques n’ont pas assez d’argent pour tout acheter.
Les grandes chaînes de magasins disent on ne va tout de même pas acheter les 50 disques qui existent, ce qui nous intéresse c’est uniquement ceux qui se vendent, et si vous voulez nous vendre des albums, il faut nous donner un tarif réduit de 20% parce que nous sommes le plus grand vendeur de disques dans ce pays. Et ça marche comme ça. Et moi, jusqu’à il y a deux ans, je ne m’en rendais pas compte.
Il y a des gens qui nous écrivent pour dire que c’est impossible de trouver les albums et ça arrive tout le temps. C’est parce que les magasins n’ont pas le p... de fric. Et c‘est parce que les fans n’ont pas assez d’argent, si les fans n’ont pas assez de fric, ils n’achètent pas l’album, s’ils n’achètent pas l’album les magasins ne le stockent pas et s’ils ne stockent pas, la maison de disques laisse tomber le groupe.
Ce qu’il faut pour vendre les albums, c’est beaucoup de p... de promotion, mais c’est impossible si tu vends 5000 albums en France de demander un budget de promotion pour 100.000 albums. Tu vas recevoir exactement le même budget que tu as eu la dernière fois. C’est ce qui m’est arrivé chez Polydor, ils n’ont pas donné autant d’argent qu’ils auraient dû pour la promotion d’ « Internal Exile » et puis quand « Songs from the mirror » est sorti ils nous ont dit qu’ « Internal » ne s’est vendu qu’à 140.000 copies en Europe, ce qui est nul d’ailleurs, mais ça indique le budget que tu vas recevoir. Quand tu es une grande société, tu as beaucoup de frais, alors il existe une marge entre combien ça coûte pour faire sortir un disque et ce que ce disque doit rapporter à la société, voila c’est tout ce qu’il te reste à dépenser. C’est 5 à 7 francs par disque, s’il y a 5.000 disques ça te donne 25.000 francs à utiliser. Et qu’est-ce que tu peux foutre avec 25.000 francs pour la promotion ?

PN : Rien du tout.
F : Rien du tout ! Alors tu ne fais pas de promotion et la prochaine fois tu ne vends que 3.000 copies, alors ils disent cette fois-ci c’est 15.000 francs. Moi, je travaille différemment parce que je peux mettre en jeu tout mon argent, je n’ai pas de frais. Chaque mois, j’ai des chèques de PIAS France, Belgique, d’Intercod, de Vital d’Afrique du Sud. Alors on se dit qu’en France on peut vendre, je pense, 25 / 30.000 copies. Alors je fais 10 concerts en France et pour ces concerts on va perdre à peut près 65.000 francs. Et la vente des t-shirts sert à payer la tournée, Marillion a fait la même chose au début des années 80. On fait un investissement. Moi je crois que je pourrais réussir largement en France. Je crois que l’on pourrait vendre 100.000 albums, mais pour ça il faut investir, il faut y mettre beaucoup d’argent. Il faut être courageux, on va prendre ce risque. Cette année, avec « Yin & Yang » on prend des grands risques. Parce que si ça marche pas ça ne sert à rien de continuer. Si « Yin & Yang » ne marchent pas, alors pour le prochain album « Sunsets on Empire », on va se dire d’accord cette fois-ci, on compte 5.000 copies et peut être on va en vendre par correspondance et on va survivre comme ça et on va continuer à faire des albums, mais pas à la même échelle que maintenant. Je dois essayer d’équilibrer les choses, mais je prend quand même un risque : on fait 10 concerts maintenant, on revient pour d’autres concerts au mois de septembre, j’espère que l’on va revenir en mars l’année prochaine pour encore 10 concerts. Et avec la sortie de « Sunsets » j’espère bien vendre aux environs de 30 / 40.000 copies et si on vend 30.000 de celui-là (Yin & Yang) je vais pouvoir me permettre d’investir 200.000 francs dans la promo de « Sunsets ». Si Y & Y se vendent à 50.000 albums chacun, c’est bien parce que ça veut dire une seule promo pour deux albums. Ce qui vaut deux fois plus le coup que pour un seul album. Alors comme ça on prépare le chemin pour « Sunsets » et ainsi les ventes de « Suits » vont en bénéficier et là je reçois de l’argent non seulement pour « Y &Y; » mais aussi encore de l’argent pour « Suits » et avec ça tu construis quelque chose.
Voila ce que l’on peut faire quand on est indépendant. C’est la guérilla. C’est pourquoi je suis ici maintenant, si j’étais avec EMI ou Polydor et je leur avais dit : je veux faire une tournée en France maintenant en juin pour promouvoir un album qui est déjà sorti au mois de mai de l’an dernier et qui n’a pas tellement vendu. Ils m’auraient dit ce n’est pas possible. parce que avec les nouveaux albums de Marillion ou de Siouxie and the Banshees qui vont sortir, notre service promo n’aura ni le temps ni l’argent pour s’en occuper. C’est la guérilla, c’est une attitude différente. On fait la promo de « Suits » ici, je vais en Afrique du Sud après la tournée en France pour promouvoir « Lady Let it Lie » au Top 50 local.
C’est comme cela que ça marche. Quand je suis devenu indépendant, j’ai découvert pleins de gens qui aiment vraiment la musique. La plupart des gens qui travaillent pour les maisons de disques indépendantes aiment réellement la musique, pendant que ceux qui travaillent pour les grandes sociétés, les chefs de marketing, ...etc c’est comme s’ils travaillaient pour Coca Cola, Pepsi Cola, Tempax ou toute autre société internationale, ils ont appris à vendre des choses dans une université ou un collège américain, ils disent ouais c’est un bon boulot pour moi. On a supprimé l’imagination. Ce n’était pas le cas avec Charisma Records, on a modelé Dick Bros sur eux, c’est ce que l’on veut essayer de faire. Le « Dream Disciples » marche bien, on va pouvoir probablement faire leur prochain album, mais je leur ai dit qu’il ne faut pas vous attendre à ce que je vous paye votre p... de salaire c’est à vous de faire une tournée, et il faut que vous trouviez un moyen de tourner en France et faire en sorte que ça marche. Et si vous faites ça je peux vendre vos albums. Parce que si par exemple les Dream Disciples descendent jusqu’à Lyon on peut téléphoner à la FNAC ici pour leur dire écoutez il va passer un concert de D.D. si vous prenez 5 albums de D.D. vous essayez de les vendre et si vous n’y arrivez pas vous pouvez les renvoyer à la fin du mois. S’ils en vendent 3, la prochaine fois qu’il y a un nouvel album la FNAC va en prendre 5. Parce que ils savent que ça se vend. Il y a beaucoup de concurrence il faut utiliser des techniques de combat de rue.

The Doors / Weil/Brecht :
Alabama Song

F : J’ai essayé à une époque de faire reprendre ce morceau par Marillion. On le passait à la fin de quelques concerts de Marillion. Ce n’était jamais apprécié par le public. Ouais, j’adore les Doors, je les ai découvert quand je venais de déménager à Aylesbury et que je prenais beaucoup d’acides. J’écoutais tout le temps l’album « American Prayer ». Je me souviens, je suis allé au Père Lachaise le jour du Beaujolais Nouveau avec une bouteille de Beaujolais, j’ai toujours voulu écrire une chanson sur cette expérience. J’aime ce qu’ont fait « les Doors », je suppose qu’il existe des similitudes avec ce que nous faisons dans la mesure ou nous introduisons plus de blues-rock et en même temps ... oh c’est terrible ... c’est du blues rock intelligent. Il y a de la poésie mais c’est dans le groove.
C’est drôle quand j’étais à Istanbul pour la première fois j’ai fait une interview dans une grande station de radio nationale, ils m’ont dit : « Vous vous rendez compte qu’ici on vous considère comme le Jim Morrison des années 90 ? » Oh p... non ! En premier lieu, il était beaucoup plus beau que moi, en deuxième lieu il ne perdait pas ses cheveux, la seule ressemblance que l’on pourrait peut-être trouver c’est que je pèse probablement le même poids qu’il faisait quand il est mort à Paris.

PN : Quels souvenirs te laissent ton passage à Europe 1, surtout la fameuse interview ?
F : On m’a raconté ça, moi je ne me rendais pas compte de cette histoire avec Hogarth, quand le mec m’appelait Steve tout le temps. C’est fou ça, c’est franchement mauvais. Pourtant c’est une bonne émission et il y a eu de bonnes réactions après, on en a besoin de plus de ce genre là. Je n’ai jamais vu la vidéo ...

PN : Comment gères-tu ton temps sur cette tournée ?
F : J’ai une journée libre, puis Strasbourg, puis une journée libre c’est fantastique. Je vais faire pareil pour la prochaine tournée, c’est fini les 4 concerts de suite, je n’en fais plus, maintenant c’est 2 concerts 1 journée libre, 3 concerts ainsi de suite, ça coûte plus cher mais comme ça tu peux tourner plus longtemps et tu es mieux dans ta tête.

PN : Bon concert ce soir et bonne tournée ?
F : Merci et à bientôt.

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