BIOGRAFISH (2ème partie)

  

Deuxième acte : Notre Poisson nage de ses propres nageoires.

 


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Le 15 septembre 1988 l'annonce officielle du départ de Fish plonge les fans de Marillion dans le plus profond désarroi (certains ne s'en remettront même jamais, allant jusqu'à se sentir trahis et ne voulant donc pas participer à la suite des aventures des deux artistes à présent rivaux !). Pourtant plutôt que la mort du groupe, cette date représente un renouveau, Marillion évoluant vers de nouveaux horizons, tandis que Fish retrouve ses racines écossaises, son premier geste -ô combien symbolique- étant de revendre sa maison du quartier riche de Gerrards Cross à Londres,

Pourtant plutôt que la mort du groupe, cette date représente un renouveau, Marillion évoluant vers de nouveaux horizons, tandis que Fish retrouve ses racines écossaises, son premier geste -ô combien symbolique- étant de revendre sa maison du quartier riche de Gerrards Cross à Londres, pour acheter une ancienne ferme à Haddington en Ecosse rebaptisée 'The Funny Farm', c'est-à-dire 'la Ferme Marrante'), où il établira son nouveau PC, suivi par Mickey

 


Simmonds, ancien clavier de Mike Oldfield, qui le suit en province peu de temps après l'avoir rejoint. Ce talentueux claviériste avait joué avec Marillion lors d'un concert de charité à Londres en février 1986.

Fish ne chôme pas vraiment et se lance dans une foule de projets divers. Ainsi peut-on le voir dès octobre 1988, déguisé en magicien ("le Sorcier des Paroles") en train d'apprendre à une marionnette comment écrire une chanson ('Freaks'), dans l'émission TV de Jim Henson (NDLR: créateur du célèbre Muppet Show), émission intitulée 'The ghost of Haffner Hall'.

 

Février 1989 voit les premières démos réalisées avec Mickey Simmonds, Hal Lindes (ex-Dire Straits) et Janick Gers (guitariste d'Iron Maiden). Pour son premier test solo en public, Fish se produit le 21 mars lors d'un concert de charité sur la scène d'un cinéma de Lockerbie (NDLR: petite ville d'Ecosse où un avion à destination des Etats-Unis s'est écrasé à la suite d'un attentat en 1988). Pour l'occasion, il est accompagné des musiciens précités ainsi que de John Keeble, Neil Hay, Alison Jones au violon et Bruce Watson à la mandoline qui interprètent ainsi 5 nouveaux titres. Fish crée également son propre label Fishy Records Ltd distribué par EMI. Le 13 avril débute véritablement l'enregistrement de l'album avec Mickey Simmonds, Hal Lindes (guitares), John Giblin (basse) et Mark Brzezcki (batterie) . En juin, Fish devait tourner en Yougoslavie dans un film, 'Outlaws'. Malheureusement le projet n'aboutira pas, le scénario étant jugé beaucoup trop proche de celui de 'Robin des Bois, le prince des voleurs' réalisé à la même époque. Par manque de fond le film fut donc abandonné. Dommage, Fish devait y tenir le rôle d'un mercenaire psychopathe efféminé aux côtés d'Oliver Reed, de Richard Harris, Christopher Lee, etc. !

Toujours courant 1989, Fish écrit et enregistre un morceau avec Clannad, morceau qui restera inédit dans sa première version, mais qui deviendra par la suite 'Just good friends' avec une nouvelle mélodie. Il enregistre également un autre titre pour un album de Mike Oldfield, mais celui-ci ne sera pas publié non plus, Mr Oldfield se contentant de remercier Fish sur la pochette. Pas plus de chance avec son travail pour l'opéra de Peter Hammill 'The fall of the Usher house', ce dernier ne conservant pas les parties vocales de Fish car il juge leurs deux voix trop semblables. Dans la série des projets n'ayant pas abouti, Fish se lance également dans la rédaction d'un livre 'The mask' reproduisant et expliquant toutes les pochettes que Mark Wilkinson a créées pour Marillion, puis à présent pour Fish, les anciens complices de ce dernier ayant préféré abandonner toute l'imagerie qui était l'un des signes distinctifs de Marillion période Fish. Malheureusement pour des raisons contractuelles, ce projet plusieurs fois ajourné n'a toujours pas vu le jour !

 

Le 30 septembre 1989, Fish participe à la Convention du fan-club hollandais 'Freaks' et chante quelques titres. Ce même jour il accepte que Blue Angel, déjà fan-club officiel de Marillion pour l'hexagone, devienne également le sien.


Le 16 octobre sort enfin le 1er single tant attendu: 'State of mind'/'The voyeur', un superbe clip en noir et blanc accompagne cette sortie. Quelques jours plus tôt (le 12) notre Poisson a entamé sa première tournée en solitaire, commençant bien entendu par Haddington, le village d'Ecosse où il a élu domicile. Au cours de cette tournée il est accompagné, outre Mickey Simmonds et les frères Brzezcki, par deux vieilles connaissances, deux guitaristes: tout d'abord Robin Boult, ancien complice et toujours ami de Pete Trewavas, le bassiste de Marillion. Robin a joué pendant l'été 1986 au sein de Marillion, lors d'un unique concert de charité à Londres, en remplacement de Steve Rothery, alors en voyage de noces. Le second guitariste n'est autre que Frank Usher, celui qui a soutenu Fish au sein de son tout premier groupe, Blewitt, lorsque les autres membres voulait le virer après un premier concert pas vraiment réussi ! C'est également Frank qui a incité Fish à tenter sa chance hors de son Ecosse natale (on ne te dira jamais assez merci Frank! Grâce t'en soit rendue!). A l'époque Fish avait promis à Frank de penser à lui si un jour il réussissait et avait besoin d'un guitariste. Qui a dit que notre homme ne tenait pas ses promesses ?

Dans le même temps, les relations de Fish avec ses anciens collègues se sont encore détériorées, la presse semblant prendre un malin plaisir à arracher à chaque partie des confidences acides voire méchantes sur l'autre. Les divorces se font malheureusement rarement à l'amiable! Aussi comment s'étonner lorsque le Daily Mirror et le Melody Maker racontent que Fish se serait vu interdire l'entrée d'un concert de Marillion à Glasgow, par crainte que sa présence ne distraie les 2000 personnes présentes ! Néanmoins cette tournée en Grande-Bretagne rencontre des échos favorables parmi la presse", et l'inquiétude et la méfiance des fans vis-à-vis du single 'State of mind', assez déroutant à leurs yeux car assez éloigné de ce qu'a fait Marillion jusqu'ici, tout ceci donc se dissipe lorsqu'ils peuvent constater que sur scène notre Ecossais n'a rien perdu de sa fougue et de sa présence, retrouvant même au contraire son formidable charisme qui semblait, il faut bien le reconnaître, avoir disparu lors de la dernière tournée avec Marillion.


Le 27 décembre 1989 sort le second single -l'album n'est toujours pas sorti- 'Big wedge'/'Jack & Jill' (couplé sur le maxi et CD single avec 'Faithhealer', une reprise en public d'un morceau du Sensational Alex Harvey Band). A nouveau les fans sont déroutés par ce morceau au demeurant brillant, mais dont les cuivres font dire à certains mauvais esprits que Fish renie son passé "progressif" et essaie de copier Phil Collins, insulte suprême pour les purs et durs du prog' !

Un clip où l'on peut voir Fish tenir divers rôles dont celui d'Oncle Sam accompagne ce titre qui manque de peu d'entrer dans notre Top 50 bien de chez nous! (Oui, vous avez bien lu ! Ah ! Si ce clip avait été programmé à la télévision française ...). A noter qu'une version remix (avec un bruit d'hélicoptère en intro comme dans 'The Wall' de Pink Floyd !) ne paraît que sur le maxi-vinyl.

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Le 23 janvier 1990 sort enfin l'album tant attendu, 'Vigil in a wilderness of mirrors', salué par les critiques et les fans rassurés qui découvrent des compositions d'une richesse et d'une sensibilité qui n'ont pas grand chose à envier à l'ancien Marillion. Le 6 février Fish est de passage dans notre capitale où il promotionne son album, en particulier il offre aux fans une séance de dédicaces au magasin Virgin Mégastore des Champs Elysées ! Le 5 mars débute une tournée européenne, la première depuis son départ, qui traverse l'Italie, la Suisse, l'Allemagne, les Pays-Bas, la Belgique, la France (le 12/03 à l'Olympia de Paris, ce même soir, le fan-club Blue Angel organise, après le concert, une première rencontre entre l'artiste et les fans présents qui ont pu être prévenus au dernier moment !).
 

Le 19 février paraît un single, 'Sailing', au profit des boat-people (Rock Against Rapatriation produit par Steve Hackett). Sur ce disque qui réunit une pléiade d'artistes prestigieux on peut entendre Fish mais aussi les deux Steve de Marillion (Hogarth et Rothery) ! Bien entendu les organisateurs se sont débrouillés pour qu'ils n'enregistrent pas leurs parties en même temps ! En mars, parît le single 'A gentleman's excuse me'/'Whiplash' pour lequel est tourné une vidéo, qui met en scène une nouvelle fois Tammy, la femme de Fish. En mai est publié le n° 1 du fanzine du fan-club écossais The Company nouvellement créé. Est également publié un single 'Say it with pride' ("Dites-le avec fierté") . C'est l'hymne pour soutenir l'équipe d'Ecosse dans la Coupe du Monde qui a lieu à cette époque et auquel Fish toujours aussi fou de foot ne pouvait pas ne pas participer (rappelez-vous, il voulait être footballeur ou chanteur ! Ceux qui on eut la chance de le voir taper dans un ballon savent qu'il le manie avec adresse et fougue !) Il se débrouille d'ailleurs pour programmer une nouvelle tournée européenne, qui débute le 24 mai, en fonction des matchs de la Coupe ! (Ah quand on peut concilier travail et loisir !) Il visite ainsi une nouvelle fois le Royaume-Uni, l'Allemagne, la France (Mulhouse le 10/06, Lyon le 11 -la télé locale enregistre tout le concert et en diffuse d'abord un extrait, avant que l'intégralité soit diffusée sur le réseau national par MCM à l'automne 91-, Nice le 24 et Marseille le 25), la Hollande, l'Autriche, la Suisse, l'Italie, l'Espagne, le Portugal, pour terminer à nouveau par la Grande-Bretagne au début juillet, avec un concert au célèbre Royal Albert Hall de Londres.

 

Toujours en juillet les relations avec EMI se détériorent et Fish estimant que sa maison de disques ne lui permet pas de modifier son contrat comme il le souhaite et que d'autre part elle ne soutient pas réellement sa carrière décide d'attaquer son patron en justice. De ce fait le nouveau single 'The company'/'Family business'(live)/'Punch & Judy'(live) ne sort qu'en Allemagne, Fish ayant conservé de bonnes relations avec la branche allemande d'EMI. Par contre, aux Etats-Unis, EMI et Capitol Records refusent l'album 'Vigil' (Ah! Vengeance quand tu nous tiens !).

En septembre Fish s'envole pour l'Espagne où pendant deux semaines, près de Madrid, il participe au tournage d'un épisode d'une série américaine - remake de Zorro. Il joue le rôle d'un colon un peu marginal que Zorro devra sauver des griffes du méchant commandant ! Cet épisode, 'The Newcomers', sera diffusé régulièrement depuis par les chaînes nationales françaises sous le titre 'Des sorciers à Los Angeles'.

De retour au Royaume-Uni, il ne reste pas inactif pour autant et continue à travailler sur des projets avec d'autres artistes. Il termine notamment des vocaux pour un album de Geoff Wayne ("Spartacus") et entreprend également une nouvelle collaboration avec Tony Banks.

Le 5 novembre 1990, un premier jugement est rendu dans le procès qui l'oppose à EMI : il obtient le droit de signer et d'enregistrer avec une autre maison de disques, mais il ne peut rien sortir tant que le procès ne sera pas terminé. La situation financière et morale est loin d'être au beau fixe !

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Pourtant l'année 1991 commence sous de meilleurs auspices, puisque le 1er janvier naît le premier enfant de Fish et Tamara, une petite fille prénommée Tara Rowena.

En mars sort l'album 'Still' de Tony Banks dans lequel Fish interprète deux très beaux morceaux, 'Angel face' et surtout 'Another murder of a day' (pour ce dernier, il écrit les paroles). Les critiques ne s'y trompent pas qui jugent ces deux titres les meilleurs de l'album.

Toujours au cours du premier semestre 1991, Fish s'essaie à nouveau à l'art de la comédie en jouant notamment dans deux épisodes d'une série TV britannique 'Jute city'.


Hélas, le 27 mars, tombe une nouvelle qui frappe durement notre Ecossais : en effet, contre toute attente de ses avocats, la justice de Sa Royale Majesté rend son verdict dans le procès qui oppose Fish à EMI. Notre homme est condamné à verser 300.000 livres sterling plus 2% sur les ventes de ses 4 prochains albums au bénéfice de son ancien employeur, sans compter 100.000 livres de frais de justice, soit au total la bagatelle d'environ 3.600.000 F (oui vous avez bien lu ! 360 millions de centimes !), le tribunal ayant estimé que Mr. Dick a rompu unilatéralement le contrat le liant à son employeur ! Profondément déçu par la justice, écoeuré, Fish ne veut même pas faire appel (en cas de nouvel échec, l'addition serait encore plus lourde !). Quand on y repense, son combat était celui de David contre Goliath en quelque sorte, ou dans une version plus moderne, Monsieur Tout-le-monde contre la World Company! Toujours est-il que, même si pendant un instant, et on le comprend, Fish envisage de tout arrêter, de s'acheter un petit bateau et de vivre de sa pêche (un comble pour un Poisson !), il ne peut se résoudre à vendre tous ses biens et cherche par tous les moyens une autre solution pour s'en sortir.

Heureusement pour lui, en mai, il décroche un contrat pour 2 albums avec la compagnie Polydor, qui lui avance au passage une bonne partie de l'argent sur ses ventes à venir, lui permettant ainsi de payer sa condamnation. Le studio d'enregistrement de la Funny Farm, attenant à sa maison - et dont Fish a entrepris les travaux l'année précédente - est opérationnel pour le début de l'enregistrement du nouvel album intitulé à l'origine 'The shadowplay and the celtic illumination'. Ce disque sera rebaptisé 'Internal exile', pour faire plus court et à cause du morceau-titre initialement prévu sur l'album 'Vigil' et qui n'avait pu figurer sur ce dernier en raison de la durée totale de l'enregistrement (c'était encore l'ère du vinyl !). Pour l'occasion, Fish s'est entouré d'une nouvelle rythmique : Ethan Johns à la batterie et David Paton (ex-Camel) à la basse. Le 25 mai, lors de la convention de The Company Germany, à Siegburg, les démos de quelques titres du futur album sont diffusées pour la première fois, et Fish donne un mini-concert, accompagné par un groupe local.

En août, la télévision française diffuse pour la première fois l'épisode de Zorro dans lequel on découvre un Fish chevelu, barbu, gentil, mais surtout s'exprimant dans un Français parfait sans le moindre accent : évidemment, puisqu'il est doublé ! N'empêche que pour nous qui connaissons sa vraie voix et son accent lorsqu'il s'essaie à notre langue, c'est assez amusant !

A la fin du même mois, sort le premier single extrait de l'album : 'Internal exile'/'Carnival man'. Malheureusement, la très entraînante gigue écossaise qui clôt 'Internal exile' ne réussit pas à faire percer ce titre dans les charts. La face B quant à elle préfigure la nouvelle direction -plus guitares que claviers- que prendra la musique de Fish à l'avenir. Cette sortie est accompagnée d'une vidéo (quasiment jamais diffusée à la télévision française, MTV en diffusera cependant un extrait au cours d'une interview réalisée à la Funny Farm). Si notre Poisson était en droit de se plaindre du manque de support de son ancienne compagnie, Polydor semble faire plus d'effort, allant jusqu'à fournir du matériel de promotion à nos disquaires français ! Malgré cela la non-diffusion de ce titre, comme les suivants d'ailleurs, que ce soit à la télévision ou à la radio, ne contribuera guère à la reconnaissance attendue par Fish et ses fans !

A l'automne 1991 paraît le numéro 0 de The Company France, couplé au n° 11 de Blue Angel, Fish ayant souhaité la séparation de son fan-club d'avec celui de Marillion, ceci destiné à mettre un terme à la "guerre" stérile entre les deux clans. En effet jusque-là le fan-club Blue Angel était commun aux deux artistes qui se partageaient le même fanzine. Néanmoins les choses semblent s'arranger entre les anciens amis, lorsque le 22 septembre Fish assiste au concert de Marillion à Edimbourg, le groupe lui ayant fait passer des tickets pour lui et ses musiciens. Après le spectacle, il peut même échanger quelques mots avec ses complices d'autrefois et rencontrer son remplaçant, Steve Hogarth. En septembre 1991 toujours, paraît l'album 'Spartacus' de Geoff Wayne dans lequel Fish chante un morceau 'Parting of the ways' et participe à d'autres dont un rap ! Le 26 octobre 1991 a lieu la convention du fan-club hollandais Freaks, à l'occasion de laquelle sont créées officiellement The Company Holland et ... The Company France ! Deux jours plus tard, le 28 octobre, sort l'album 'Internal exile' qui malgré des critiques moins enthousiastes que pour le précédent atteindra néanmoins le n° 21 dans les classements du Royaume-Uni. Dans cet album, Fish règle ses comptes avec le showbiz et notamment Rupert Perry, le patron d'EMI, qui se déclare profondément offensé par le texte du violent 'Tongues'.

Du 27 novembre au 31 décembre, avec un nouveau batteur, Kevin Wilkinson, Fish embarque pour une nouvelle tournée européenne qui traverse le Royaume-Uni, l'Allemagne, la Hollande, la Belgique, l'Italie, la Suisse, la France (Paris, Olympia le 9/12), le Danemark, la Suède puis à nouveau l'Angleterre. Hélas une nouvelle fois la malchance s'abat sur lui puisqu'à cause de promoteurs qui sont en faillite (et qui ont omis de signaler ce léger détail à notre ami !), 7 concerts anglais doivent être annulés. Malgré cette perte finançière le reste de la tournée européenne se passe plutôt bien avec des concerts sold-out en Allemagne et même à l'Olympia de Paris. Nouveau coup du sort quand un méchant virus s'attaque à la gorge de Fish, obligeant celui-ci à reporter les concerts de Belgique et des Pays-Bas respectivement à la fin de l'année et au tout début de l'année 92. Pendant cette tournée, Pete Trewavas, son ancien bassiste de Marillion et celui qui est resté le plus proche de Fish, lui rend visite après son concert de l'Hammersmith Odeon.

Le 30 décembre paraît le second single extrait de l'album, 'Credo'/'Poet's moon', une fois encore accompagné d'une vidéo aux superbes images. Malgré cela il ne fera que n° 38 des meilleures ventes anglaises. A noter que la version démo de 'Tongues' figure uniquement sur le maxi-single vinyl sorti en même temps.

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Le début de l'année 1992 voit Fish s'octroyer quelques jours de vacances avec son épouse Tamara, en Afrique, à Mombassa au Kenya. C'est pendant ce repos qu'il apprend le décès de son collaborateur et ami fidèle, Andy Field, qui avait quitté Marillion pour le suivre. De retour chez lui, Fish découvre qu'il n'a plus de contrat de publication avec Hit & Run. Le 18 mars il participe à un concert de charité en faveur des mineurs de Dalkeith, la petite ville où il a passé toute son enfance. Le 29 mars, c'est à l'Hammersmith Odeon de Londres que Fish joue, les bénéfices de la soirée étant, cette fois, reversés à la veuve d'Andy Field et à son fils (à noter que tous les deux travailleront pendant un temps pour Fish, Mme Field en tant que secrétaire à la Funny Farm, son fils en tant que roadie pour le groupe de Fish. Qui a dit que notre Ecossais n'était pas un homme de coeur ?)

En vue de la compilation qu'EMI prépare pour célébrer les 10 ans de contrat de Marillion, Fish propose à son ancien groupe de s'associer à nouveau, exceptionnellement, pour enregister un vieux morceau inédit (il s'agit d' 'Institution waltz', inédit de Marillion de 81, que Fish sortira dans une toute nouvelle version en 95, sur la compilation 'Yin'). Il propose également que lui et le groupe fassent deux festivals ensemble durant l'été; il jouerait d'abord avec son nouveau groupe, puis Marillion avec Steve Hogarth, puis Fish rechanterait avec son ancien groupe ('Misplaced childhood' - 'Grendel' !) avec en final, 'Market square heroes', chanté en duo, Fish avec Steve Hogarth ! Le tout étant filmé offrirait une sacrée promotion aux deux groupes . EMI est tout à fait d'accord avec ce projet, malheureusement pas Marillion qui décline l'offre ! Dommage qu'ils n'aient pu faire le même geste que Genesis qui se reforma exceptionnellement pour un concert avec Peter Gabriel, en 1982, afin d'aider ce dernier qui avait alors de gros problèmes financiers ! Peut-être était-il trop tôt, le temps n'ayant pas encore cicatrisé toutes les blessures ! Mais qui sait ? Peut-être qu'un jour ... (en fait les 5 hommes ont véritablement renoué des relations très amicales fin décembre 1998 !)


Finalement l'album-compilation de Marillion, 'A singles collection', sortira en mai accompagné d'une vidéo. Il comprend 6 chansons avec Fish, dont notamment une version d''Assassing' avec une partie qui avait été supprimée au mixage d'origine, et la version single de 'Lavender' jusqu'alors inédite en CD. Les huit autres chansons, dont 2 inédits -y compris la reprise de 'Sympathy' de 1970 qui vaudra un mini-hit au groupe-, sont interprétées par Steve Hogarth. L'album atteint la 26ème place au Royaume-Uni.

En avril, Polydor France comptabilise 15000 exemplaires d' 'Internal exile' vendus sur notre territoire. Ce même mois, un nouveau clavier Foster (dit 'Foss') Patterson remplace Mickey Simmonds qui souhaite se lancer dans une carrière solo. Le 23 mai, c'est au tour de John Cavanagh, le manager de Fish, de s'en aller. Ce dernier part néanmoins en tournée à travers la Grande-Bretagne. C'est le Toile Tour au cours duquel sont interprétées les premières ébauches de 'Out of my life', 'Pipeline' et 'Raw meat', ainsi qu'une version de 'Lady Nina' (jamais interprétée sur scène par Marillion) et le controversé 'Something in the air' (reprise d'un titre de Thunderclap Newman de 1970, dont la version très moderne de Fish choque les puristes du prog' qui lui reprochent de vouloir faire un tube à tout prix). La tournée passera plus tard par la Hollande, l'Allemagne, la Suisse et à nouveau le Royaume-Uni. Le clou de certaines dates est l'intervention d'une strip-teaseuse dont les services ont été loués pour rendre l'atmosphère pendant 'Lady Nina' (l'histoire d'une prostituée de Berlin) plus que torride ! Pour sa défense Fish affirme avoir eu l'accord de sa femme ! Brave Tamara ! Le 22 juin sort donc le single 'Something in the air' sous plusieurs formats allant du maxi-single avec une étrange pochette de pingouins signée Mark Wilkinson à 2 coffrets singles en plastique, l'un blanc l'autre noir, aux dimensions surprenantes (28 cm de haut ! pas facile à ranger dans sa cédéthèque !). Selon les supports on peut trouver des titres live ('Credo', 'Shadowplay', 'Dear friend') et plusieurs remix de 'Something in the air' dont certains sont dignes de tout bon album de dance. Ceci, l'on s'en doute, fera se dresser sur la tête les cheveux des puristes nostalgiques de l'époque 'Script' ! La rareté de ces disques en fait néanmoins de belles pièces de collection. De toute façon, cette soi-disant concession à la mode ne sera en aucune façon payante pour notre Fish qui n'obtiendra pas mieux qu'une 51ème place dans les hits-parades anglais ! La version live de ce titre que l'on découvrira plus tard dans la série des bootlegs officiels ne manquait pourtant pas de charme !

Toujours en juin, sort une compilation CD et vidéo 'Earthrise' (The rainforest album)' à laquelle Fish, parmi un tas d'autres artistes, participe par le biais d'un morceau, 'Spirit of the forest', un titre déjà publié en single en 1989, sort le nom de 'Gentlemen without weapon'.

Il joue également à l'occasion de festivals au Danemark, en Hollande, en Allemagne et en Suisse. La tournée Toile tour se termine par une convention du fan-club écossais à Haddington, antre de notre ours bien-aimé (surnommé d'ailleurs l'Ours d'Haddington, il faut dire qu'avec sa carrure ...). Les fans présents ont le privilège d'écouter en exclusivité les démos du futur album de reprises, qui s'appelle alors 'The guddler'. Pour la sortie d' 'Internal exile' aux USA, le 14 juillet, Fish fait un voyage de promotion à Los Angeles où il n'est pas retourné depuis 1987. L'album qui offre une pochette différente de l'album européen, recueille de bonnes critiques outre-atlantique. Malgré cela, la popularité de Fish dans ce pays reste au niveau underground.

Août voit l' arrivée de Brian Lane comme manager. Il s'occupe déjà de Yes, Asia, GTR et Rick Wakeman. En octobre, sous la houlette du producteur James Cassidy, commence l'enregistrement de l'album aux studios de la Funny Farm. Malgré les réticences de Polydor, Fish se fait plaisir en gravant ses propres versions de quelques uns des titres qui ont nourri son adolescence et l'ont poussé à devenir chanteur de rock. Le premier extrait 'Hold your head up' (du groupe Argent)/'Question' (des Moody Blues) sort le 23 novembre, accompagné d'une vidéo (diffusée sur MCM !) et d'une tournée promo 'Never mind the bullocks' (jeu de mots qui signifie en gros : 'rien à foutre des conneries'!). Malheureusement il convainc très peu les fans et le grand public, même si son énergie est très communicative lors des concerts. Pas de surprise donc à son mauvais résultat : 78ème, le pire de la carrière de Fish (même le premier single de Marillion avait fait mieux !). En novembre et décembre, notre ami participe à des concerts des Party Boys (ex-Sensational Alex Harvey Band) dans des clubs écossais. En décembre, Steve Howe, le légendaire guitariste de Yes, vient rendre visite à Fish à la Funny Farm. Ensemble, ils enregistrent une superbe version de 'Time and a word' (de Yes justement) qui ne figurera pas sur le futur album, pas plus que la reprise des Who, 'The seeker', enregistrée quelque temps plus tôt. Malgré tous les déboires rencontrés pendant cette année, une bonne nouvelle : fin 1992, l'album 'Vigil' est disque d'or au Royaume-Uni (100 000 exemplaires vendus).

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Fish et Steve Howe

Fish commence l'année 1993 en venant nous rendre visite en janvier à Paris, afin de promouvoir l'album qui s'appelle désormais 'Songs from the mirror' (en référence au miroir dans lequel l'ado Derek se regardait mimer les chansons de ses artistes préférés). A la fin du mois, il se rendra également au MIDEM de Cannes. Entre-temps, l'album est sorti le 19 janvier et récolte de bonnes crtitiques. Il se vend d'ailleurs à 130 000 exemplaires en Europe dans les trois premiers mois (dont 15 000 en France). Mais certains fans sont de plus en plus déroutés, le répertoire choisi ne correspond pas à leurs goûts musicaux , à leur culture (il est vrai que pour beaucoup, plus jeunes que Fish, ces succès des débuts des années 70 sont totalement inconnus, un problème de génération quoi ! Il reste que ceux qui connaissent les originaux ne s'y trompent pas, Fish n'a pas à rougir de honte quant à la qualité de ses propres versions.

Le 21 février débute la tournée 'Juggling in Europe' qui visite d'abord le Royaume-Uni, puis en mars l'Allemagne, la Norvège, la Suède, le Danemark, la France (Mulhouse le 13/03, les membres du fan-club invités au soundcheck assistent à un véritable mini-concert, avec Fish qui interprète 'Fearless', 'Boston tea party', 'I know what I like', 'Solo', ces 2 derniers titres n'étant pratiquement jamais joués pendant la tournée; Paris, le Zénith, le 15/03: Fish chante à nouveau pour les fans autorisés à assister au soundcheck : 'Just good friends' et 'Poet's moon'; il explique aussi aux fans présents les raisons qui l'ont conduit à se séparer de l'ancien président du fan-club, il fera d'ailleurs expédier à chaque membre français une lettre où il explique sa position). La tournée continue en passant par la Belgique, les Pays-Bas, la Suisse, l'Italie, l'Autriche avant de revenir au Royaume-Uni pour s'y terminer le 8 avril. De retour de tournée, Fish annonce que lui et Polydor ne reconduisent pas leur contrat, la compagnie estimant que Fish ne vend pas assez de disques (oui, mais si Polydor avait fait diffuser les singles à la radio ?). Qu'importe ! Fish se met au travail sur le futur album "Suits"...

 

 

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Fin du second acte ...


Crédits photos : Jim Henson/Henson Associates, Melinda Thompson, Daily Record, George Chin, Carl Studna, Andy Earle; Stills; illustrations : Mark Wilkinson, Keith McIntyre.

 

Troisième acte : indépendant !


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